Cameroun : La SGS bataille pour le contrat du scanning des marchandises au Port de Douala
Selon un document officiel, le secrétaire général de la présidence de ...
© Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko - photo d'Illustration
Ousmane Sonko attaque le FMI et appelle à un sursaut économique africain. La critique du Fonds monétaire international a été formulée avec fermeté par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale.
Lors d’une séance de questions au gouvernement, l’institution financière internationale a été accusée de ne pas œuvrer pour le développement structurel de l’Afrique. Une vision jugée restrictive des politiques économiques aurait été imposée aux États africains depuis plusieurs décennies.
La notion de « dette odieuse » a été évoquée pour qualifier le poids financier supporté par de nombreux pays du continent. Selon le chef du gouvernement, la priorité accordée au remboursement limiterait les investissements essentiels. Une logique d’austérité aurait ainsi freiné la transformation économique attendue.
Une remise en cause du modèle d’austérité
Un moratoire de 20 à 30 ans sur le service de la dette a été proposé afin de redonner une marge budgétaire significative aux États africains. L’objectif affiché est clair : permettre aux gouvernements de concentrer leurs ressources sur la croissance, l’industrialisation et la modernisation des infrastructures. Une telle orientation romprait avec les politiques d’ajustement structurel longtemps encouragées.
La nécessité d’un changement de paradigme économique a été soulignée. D’après Ousmane Sonko, l’Afrique n’aurait pas besoin d’annulation partielle ou de restructuration technique, mais d’un espace financier durable pour investir massivement. Une croissance soutenue serait impossible sans un effort public ambitieux dans les secteurs stratégiques.
Une convergence avec les économistes critiques
Une rencontre récente à Addis-Abeba avec l’économiste américain Jeffrey Sachs a été mentionnée pour appuyer cette position. Une convergence de vues aurait été constatée sur la nécessité d’accorder au continent un temps long pour financer son développement. La comparaison avec la trajectoire de la Chine dans les années 1980 et celle de l’Inde au début des années 2000 a été avancée.
Un scénario de forte expansion économique africaine a été envisagé pour les prochaines décennies. Une croissance annuelle endogène d’au moins 10 % a été présentée comme un objectif atteignable si des investissements massifs sont réalisés dans l’éducation, l’énergie et les infrastructures de transport.
Vers une nouvelle dynamique continentale
Une impulsion politique pourrait être donnée par un groupe restreint de dirigeants africains partageant la même vision. Un consensus des 55 États ne serait pas indispensable pour amorcer une transformation structurelle. Une coalition volontaire pourrait servir de moteur et créer un effet d’entraînement régional.
Le débat sur la souveraineté économique et la réforme du système financier international se trouve ainsi relancé. La place de l’Afrique dans l’économie mondiale est au cœur des discussions actuelles. Une redéfinition des relations avec les grandes institutions financières pourrait être engagée dans les années à venir.
Par Africa24monde - La redaction