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© La révolution silencieuse de l’acquisition de défense américaine
Le Pentagone a annoncé aujourd’hui des accords-cadres qui le positionnent pour acquérir potentiellement plus de 10 000 missiles peu coûteux et conteneurisés sur trois ans à partir de 2027.
Les entreprises concernées sont : Anduril, CoAspire, Leidos et Zone 5, qui lanceront ensemble le « programme de munitions conteneurisées à faible coût (LCCM) ».
La rupture avec le modèle “prime contractor”
Depuis des décennies, l’acquisition de défense américaine repose sur un oligopole de grandes firmes, Lockheed Martin, Raytheon, Northrop Grumman, Boeing, qui captent l’essentiel des contrats via des processus longs, coûteux, et souvent marqués par des dépassements budgétaires massifs.
Le modèle contractuel dominant, le contrat en “cost-plus”, où l’État rembourse les coûts de développement et de production en y ajoutant une marge garantie, est au cœur du problème. Il supprime toute incitation à l’efficacité : plus le programme est long et coûteux, plus le contractant gagne.
La logique de la “masse abordable”
La guerre en Ukraine et en Iran ont révélé une vérité brutale : les stocks de munitions de précision s’épuisent beaucoup plus vite que prévu en conflit de haute intensité.
Ainsi, l’objectif n’est plus la supériorité technologique absolue sur chaque unité, mais la saturation et la résilience.
L’enjeu Anduril / Castelion
Anduril et Castelion sont des pure players tech qui appliquent au matériel militaire les méthodes du développement logiciel : itérations rapides, prototypage agile, coûts marginaux décroissants.
Castelion en particulier fait une entrée fracassante avec son missile hypersonique Blackbeard, une capacité que les grands industriels développent depuis des années sans vraiment aboutir à des coûts acceptables.
Les minerais critiques
Les États-Unis restent dépendant des importations de terres rares et autres minerais critiques venant de Chine.
Les initiatives sont en cours, mais aucune n'est prête. Trump a lancé « Project Vault » en février, un stock de minéraux critiques civils de 12 milliards de dollars. Le Département d'État a réuni plus de 50 nations pour construire des chaînes d'approvisionnement alliées. Les États-Unis ont une seule mine de terres rares en exploitation (Mountain Pass, Californie) et une seule usine de magnétos domestique (MP Materials, Fort Worth) produisant moins de 1 % de la production mondiale.
Une usine de séparation de terres rares lourdes de Lynas au Texas entre en service cette année. Bessent a évoqué une initiative « Warp Speed » pour le traitement des terres rares. Le Groenland, l'Ukraine et le Canada figurent tous dans la stratégie minière de l'administration.
Mais l'exploitation minière prend du temps à se développer. Le traitement prend des années à s'échelonner. L'interdiction de phase 2 du DoD exige que tout contenu de terres rares chinoises soit retiré des armes d'ici le 1er janvier 2027.
Africa24monde Par Vincent Barret