Le « non » implicite de Madrid aux politiques fragiles et déstabilisatrices des États-Unis
Alors que les relations entre l'Espagne et les États-Unis se refroidissent ...
© La députée Marjorie Taylor Greene (R-SC), présidente de la sous-commission chargée d'améliorer l'efficacité gouvernementale (DOGE), préside une audition de la sous-commission de surveillance de la Chambre des représentants dans le bâtiment Rayburn, à Washington, D.C. (Photo : Al Drago/Getty Images)
Marjorie Taylor Greene affirme que devenir président des États-Unis implique de conclure des accords, notamment un soutien inconditionnel à Israël. Elle s’interroge sur cette aide unique accordée à un pays étranger et son impact géopolitique, économique et financier.
Son propos souligne un paradoxe : le soutien américain à Israël persiste malgré les réalités économiques et les intérêts géopolitiques.
1. Impact économique
Effet sur la dette publique et le budget fédéral
Les États-Unis accordent environ 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle à Israël (Congressional Research Service, 2025), garantie par un accord de 38 milliards sur dix ans (2016).
Avec une dette nationale de 34 000 milliards de dollars en 2026 et des intérêts annuels dépassant 1 200 milliards, cet engagement interroge la soutenabilité budgétaire.
Contradiction avec la politique fiscale
Les baisses d’impôts sur les hauts revenus (Tax Cuts and Jobs Act) ont coûté plus de 1 500 milliards de dollars à l’État fédéral depuis 2018. Prioriser l’aide extérieure alors que les infrastructures et la sécurité sociale manquent de financement montre un déséquilibre entre les besoins nationaux et internationaux.
Impact macroéconomique
Avec une croissance américaine stagnante à 1,2 % en 2026 et une inflation à 4,1 %, les aides étrangères n’ont pas d’effet positif sur l’économie américaine. L’argent investi dans les programmes militaires à l’étranger pourrait être utilisé pour la transition énergétique, la santé ou l’éducation aux États-Unis.
Impact géopolitique et militaire
Un coût stratégique et réputationnel très élevé
Le soutien inconditionnel à Israël isole les États-Unis sur la scène internationale, notamment à l’ONU, où ils votent souvent seuls ou avec peu d’alliés sur les questions palestiniennes. Cette position alimente l’anti-américanisme au Moyen-Orient et renforce les alliances adverses (Iran, Russie, Chine), (France, Espagne, UK, Canada, Italie etc).
Charge militaire et logistique
Sécuriser les routes maritimes et maintenir une présence militaire dans la région coûte environ 70B de dollars par an, selon le Pentagon Budget Report 2025. Ces dépenses profitent peu à la sécurité intérieure américaine et exposent les forces armées à des conflits prolongés.
L’armée américaine a besoin de beaucoup d’argent, mais l’économie américaine manque de ressources. Cette contradiction oblige les États-Unis à s’endetter pour financer leur puissance mondiale.
Les présidents américains soutiennent Israël, même si cela nuit à leur économie et à leur image. Greene explique que les intérêts électoraux et le lobbying (AIPAC, entreprises d’armement) sont plus importants que les intérêts à long terme. La politique étrangère sert le complexe militaro-industriel plutôt que la prospérité nationale.
Conclusion : Le monde militaire et le monde économique s’opposent. Si cette politique continue, elle pourrait affaiblir l’hégémonie américaine sur le plan financier et diplomatique.
Africa24monde Par Maurice Muk - Director & Board members.