Les États-Unis annoncent de plus en plus leur volonté de quitter l’OTAN. Ils lancent même l’idée de fonder une nouvelle alliance militaire et politique - sans la France - avec d’autres pays dont l’Ukraine.
Le général américain Keith Kellogg propose que les États-Unis créent une autre alliance [militaire et politique] que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avec l’Ukraine parmi les participants, a-t-il fait savoir dans un entretien avec Fox News. L’ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine estime qu’il est possible pour les États-Unis d’invoquer l’article 13 du traité de l’OTAN qui prévoit de donner à l’alliance un préavis d’un an afin de se préparer à un retrait américain.
Il appelle les alliés de l'OTAN des «lâches» et il incite à une nouvelle alliance militaire et politique. Pour le général américain, l'OTAN n'a pas su répondre efficacement aux crises récentes, et Washington est invité à envisager la création d'une nouvelle alliance militaire et politique avec un groupe plus restreint de partenaires plus volontaires, incluant l'Ukraine. Ces propos, tenus sur Fox News le 2 avril, alimentent un débat de plus en plus vif à Washington sur l'avenir de l'OTAN.
Kellogg a déclaré que l'OTAN avait fait preuve de faiblesse et de manque de détermination. Il a soutenu que l'alliance actuelle était devenue inefficace, notamment dans le contexte du conflit avec l'Iran, et il a ajouté que les États-Unis pourraient devoir envisager d'autres solutions que leurs structures de sécurité actuelles.
En proposant une alternative militaire et politique, Kellogg a suggéré un nouveau groupement militaire de défense centré sur les pays prêts à agir avec plus de fermeté en temps de guerre. Selon Fox News, il a cité le Japon et l'Australie, ainsi que des États européens comme l'Allemagne et la Pologne, précisant donc que l'Ukraine s'était «révélée être un bon allié», laissant entendre que Kiev pourrait faire partie d'une telle structure. L'inclusion de l'Ukraine dans ses propos est notable, étant donné que son adhésion formelle à l'OTAN demeure politiquement contestée malgré le soutien militaire occidental continu depuis la guerre de l'Ukraine contre la Russie.
Les déclarations du général US vont de pair avec celles de Trump sur l’OTAN. Les États-Unis préparent un nouveau projet. «L’OTAN menace d’exploser avec le piège de l'Iran», a titré Observateur Continental, précisant: «L’OTAN est ébranlée et même en train d’imploser». La nouvelle raison: «D’un côté Trump accentue les déclarations sur sa volonté de quitter cette alliance politique et militaire et les alliés historiques - comme la France - refusent d’aider les États-Unis dans leur guerre en soutien à Israël contre l’Iran». Au début du mois d’avril 2026, Trump a qualifié l'OTAN de «tigre de papier».
Cette volonté des États-Unis de quitter l’OTAN actuelle n'a pas débuté récemment. Ils agissent avec traîtrise envers la France et leurs alliés historiques. C’est une attitude récurrente depuis plusieurs années. «AUKUS sape l'OTAN», titrait Observateur Continental. Pour rappel, Observateur Continental rapportait que «l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni ont rendu publique en 2021 l'alliance militaire tripartite AUKUS qui avait été négociée en secret dans le dos de la France, pourtant une alliée de ces puissances anglo-saxonnes et membre de l'OTAN, et une puissance nucléaire présente dans l'Indo-pacifique».
Au départ, l’Australie devait recevoir des sous-marins français, mais elle a choisi au final de réceptionner des sous-marins nucléaires américains. Cette alliance militaire est la base d’une nouvelle OTAN pour le Pacifique jetant la France de cette zone géographique. Le même concept d’alliance militaire surgit avec Kellogg pour la zone Europe en excluant la France de ce pouvoir militaire et politique.
De fait, les États-Unis condamnent la France à rester seule sur l’échiquier géopolitique et à être au service des nouvelles puissances militaires qui se forment. L’Allemagne demande l’utilisation de la bombe atomique française et son poste à l’ONU. D’ailleurs, avec l’OTAN, qui rentre en pleine réforme, Trump a annoncé vouloir construire une nouvelle ONU. «Les États-Unis espèrent que la France rejoindra le Conseil de paix pour Gaza», stipulait Observateur Continental.
Bloomberg avait rapporté que le président français ne prévoyait pas d’accepter l’invitation du leader américain à rejoindre le Conseil de paix (une structure concurrente des Nations Unies) en cours de création. Trump a ouvertement maintes fois critiqué le fonctionnement de l’ONU.
AUKUS, Conseil de paix de Trump, nouvelle OTAN présentée par Kellogg, tout cela montre la volonté des États-Unis de réformer l’OTAN afin d’y garder le contrôle et d’affaiblir les pays de l’ancienne alliance politique et militaire qui s’opposent à la nouvelle politique mondialiste US.
Est-ce que l’Occident va avoir deux OTAN? Est-ce que deux structures vont coexister dans un premier temps pour fusionner ensuite? D’un côté les alliés historiques dont la France et une nouvelle OTAN avec les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, l’Australie, la Pologne et l’Ukraine? Cette création d’une nouvelle OTAN permettrait à l’Ukraine de rejoindre officiellement une alliance militaire occidentale et permettrait de réaliser un tour de passe-passe.
La vieille OTAN et la nouvelle OTAN pourraient collaborer politiquement et militairement car les États-Unis n’envisagent pas le retrait de leurs troupes tout en incitant les Européens au développement de leurs propres capacités de défense. Le but est de remodeler la première OTAN et de donner à l'Ukraine un rôle politique et militaire. L'OTAN est un serpent qui est en train de muer sans changer ses objectifs.
Africa24monde avec observateur-continental Par Pierre Duval