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© Le ministre d'État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et son homologue béninois chargé de l'Intégration africaine, Adjadi Bakar, à Cotonou le 20 juin
Chargés de négociations pour la réouverture de la Frontière et les perspectives de coopération en République du Bénin. A la tête d'une forte délégation,le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique et de l'Administration du Territoire, séjourne depuis hier 19 juin à Cotonou au Bénin dans le cadre des concertations relatives à la réouverture de la frontière et la reprise de la coopération.
Accompagné donc des membres du comité national chargé de réfléchir sur le sujet, le Général de Division Mohamed TOUMBA est allé échanger avec la partie Béninoise pour poser les conditions d'une réouverture de la frontière tel que souhaité par les vaillantes populations des deux pays.
Des comités d'experts béninois et nigériens ont échangé à Cotonou en vue d’une réouverture de leur frontière commune. Cette rencontre intervient à la suite de la visite du nouveau président béninois Romuald Wadagni dans la capitale nigérienne le 2 juin dernier et dans le cadre de la normalisation des relations entre les deux pays.
Le ministre d'État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et son homologue béninois chargé de l'Intégration africaine, Adjadi Bakari, ont présidé la réunion de ce 20 juin, entre les comités d'experts béninois et nigériens, au ministère des Affaires étrangères à Cotonou.
Les différents groupe de travail ont abordé les sujets de la sécurité, de la défense, de la diplomatie et du juridique, et enfin de l’économie. La séance qui se déroule à huit clos se poursuit ce dimanche 21 juin.
Une réouverture de la frontière entre le, bénin et le niger est attendue toutefois des accords relatifs à la défense, à la sécurité, et aux échanges douaniers doivent encore être signés.
9 domaines d'activités susceptibles de bénéficier d'une réouverture de la frontière?
La perspective d'une réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, actuellement à l'étude, suscite de nombreuses attentes dans les milieux d'affaires. Depuis le blocus fin 2023 sur fond de tensions diplomatiques, les opérateurs économiques ont en effet été contraints de réorganiser leurs chaînes d'approvisionnement, avec des coûts supplémentaires.
L'annonce récente de la mise en place d'un comité d'examen des modalités d'une réouverture de la frontière Bénin - Niger alimente les espoirs d'un retour progressif à la normale des flux entre les deux pays. Si cette perspective se concrétise, plusieurs secteurs pourraient bénéficier d'un regain d'activité le long de l'un des principaux axes commerciaux reliant le golfe de Guinée au Sahel.
Transport routier, transit, logistique et entreposage
Le premier effet d'une réouverture devrait se faire sentir dans le transport routier de marchandises. Une reprise du trafic entre Cotonou, Parakou, Malanville d'un côté, puis Gaya et Niamey de l'autre, entre autres, peut relancer l'activité des commerçants, des transporteurs, des propriétaires de flottes de camions, des ateliers de maintenance et des fournisseurs de pièces détachées.
Avant la crise, le Niger figurait parmi les principaux marchés desservis par le port de Cotonou. Selon le rapport de la CNUCED intitulé « Facilitation du transit, du transport et des échanges en Afrique de l'Ouest » et publié en 2025, le poste de dédouanement de Niamey-Route traite en temps normal environ 500 véhicules par semaine. Lors des périodes de forte activité, ce volume peut atteindre entre 750 et 800 camions. Ces statistiques n'incluent ni les véhicules à destination d'autres villes nigériennes comme Maradi ou Tahoua, ni les camions effectuant le trajet retour à vide.
Pour les entreprises de fret, la reprise des expéditions vers le Niger représenterait ainsi la réactivation d'un corridor qui figurait parmi les plus fréquentés d'Afrique de l'Ouest. La relance des flux commerciaux s’annonce également profitable aux commissionnaires agréés en douane, aux transitaires et autres prestataires spécialisés dans les formalités administratives. Chaque cargaison acheminée entre le port de Cotonou et le Niger mobilise en effet une chaîne d'acteurs intervenant dans les opérations documentaires, douanières et logistiques.
L'entreposage tirera également parti d'une reprise des échanges. Dans son étude, la CNUCED souligne notamment l'insuffisance des capacités de stockage disponibles le long de l'axe bénino-nigérien. Une augmentation des volumes transportés renforcera les besoins en entrepôts, en plateformes logistiques et en centres de distribution.
Aires de stationnement, carburants et services aux transporteurs
Si les capacités d'entreposage apparaissent limitées, la situation est différente pour les aires de stationnement. Le rapport recense plusieurs sites stratégiques situés dans l'enceinte du port de Cotonou ainsi qu'à Zongo, où un parc est en cours d'aménagement, mais aussi à Allada, Malanville et Gaya. Si la fermeture de la frontière a fortement réduit l'activité autour de certaines de ces infrastructures, une reprise du trafic peut redynamiser les services associés, notamment les commerces de proximité et diverses prestations destinées aux chauffeurs routiers.
L'augmentation du nombre de camions sur le corridor soutiendra également la demande en carburant, notamment de gasoil. Malgré l'extension du réseau de stations-services observée ces dernières années au Bénin, l'offre demeure concentrée dans les centres urbains. En dehors des agglomérations, l'approvisionnement des poids lourds repose encore largement sur des circuits informels, souvent alimentés depuis le Nigeria.
Commerce de gros et véhicules d'occasion
La reprise des échanges pourrait également donner un nouvel élan aux opérateurs du commerce de gros. Selon le Bulletin des statistiques du commerce extérieur pour le premier trimestre 2023, publié par l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD) du Niger, ce pays occupait le quatrième rang des destinations des exportations béninoises dans l'espace ouest-africain, représentant 12,8 % de la valeur totale des ventes.
Les principaux produits exportés vers ce marché comprenaient notamment le riz semi-blanchi ou étuvé, les tourteaux et autres résidus solides destinés à l'alimentation animale, ainsi que le sucre brut. Une normalisation des échanges devrait contribuer à restaurer ces débouchés.
Le commerce de véhicules d'occasion apparaît également parmi les activités susceptibles de bénéficier d'un dégel des relations entre le Bénin et le Niger. Selon plusieurs études de l'INStaD, la majorité des véhicules d'occasion importés via le port de Cotonou est destinée aux pays de l'hinterland, dont le Niger constitue l'un des principaux marchés. La réouverture de la frontière pourrait ainsi favoriser la reprise des activités d'importation, de transit, de convoyage et de commercialisation de véhicules à destination du marché nigérien.
Services financiers, hôtellerie et restauration
Les activités financières figurent également parmi celles susceptibles de bénéficier d'un retour des échanges à leur niveau d'antan. Financement du commerce, assurances-transport, opérations de change ou transferts de fonds sont directement liés à l'intensité des flux commerciaux. Chaque cargaison transportée mobilise en effet une série de services financiers intervenant à différentes étapes de la chaîne logistique, depuis le règlement des fournisseurs jusqu'à la couverture des risques liés au transport.
Les villes situées sur le corridor devraient également enregistrer des retombées positives. Le retour des commerçants, transporteurs, transitaires et voyageurs entraîne en général une hausse de la fréquentation des hôtels, restaurants, garages et ateliers mécaniques implantés le long des principaux axes routiers.
Au-delà des perspectives qu'elle ouvre, la relance du corridor dépendra toutefois de facteurs qui dépassent le seul cadre économique. Le rythme de normalisation des relations entre Cotonou et Niamey, la confiance retrouvée des opérateurs ainsi que la capacité du corridor béninois à reconquérir une partie des flux réorientés vers d'autres itinéraires depuis 2023 détermineront l'ampleur réelle des retombées attendues.
Par Africa24monde avec RSA et Ecofin Par Henoc Dossa