"Non à la guerre" : L'Espagne seul face aux États-Unis et à Israël
La déclaration de Pedro Sánchez intervient après le veto opposé par La ...
© Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien ©RS
Entre désaccords et coordination : l’ambiguïté stratégique qui piège Téhéran. Le New York Times rapporte que Netanyahu a ordonné à l’armée israélienne (Tsahal) de faire « tout son possible » au cours des prochaines 48 heures pour détruire autant que possible l’industrie d’armement iranienne.
Le titre de l’article est sans équivoque : « Israël se dépêche de frapper l’Iran tant qu’il le peut. » . Cet ordre intervient après qu’Israël ait obtenu une copie du plan de cessez-le-feu américain en 15 points.
Deux lectures de la situation sont possibles. Les deux sont plausibles.
Une seule terrifie Téhéran.
Première lecture : la fracture (désaccord).
Netanyahu agit contre la montre face à la diplomatie de Trump, accélérant les frappes afin de créer des faits irréversibles avant qu’un accord n’impose des conditions jugées défavorables pour Jérusalem.
Trump a besoin d’un cessez-le-feu — pour préserver sa côte de popularité de 36 % d’opinions favorables et un prix de l’essence à 3,98 dollars. Netanyahu, lui, a besoin de poursuivre la guerre pour garantir la sécurité à long terme d’Israël.
Les deux alliés évoluent selon des temporalités incompatibles. L’ordre des 48 heures n’est pas une coordination : c’est une course contre le délai fixé par Trump.
Deuxième lecture : la coordination.
Trump joue la paix.
Netanyahu joue la guerre. L’Iran doit faire face aux deux simultanément, sans pouvoir s’adapter efficacement à l’un ou à l’autre.
Si l’Iran accepte le plan en 15 points, il cède sous une pression militaire qui a déjà détruit 330 lanceurs de missiles sur 470, coulé 140 navires et réduit de 90 % ses capacités balistiques.
S’il rejette le plan, il légitime les frappes et offre à Netanyahu 48 heures supplémentaires de destruction irréversible, tandis que Trump peut affirmer au monde qu’il a tenté la voie diplomatique en premier.
La tension apparente entre la Maison-Blanche et Jérusalem n’est peut-être pas un dysfonctionnement.
Il s'agit du plus vieux mécanisme de négociation de l'histoire: un partenaire menace, l’autre propose, et la cible ne peut pas se permettre de tester le bluff, car toutes les issues lui sont défavorables.
Le précédent est frappvant.
Entre 2017 et 2021, Danald Trump s’est publiquement distancié des actions israéliennes tout en les soutenant en coulisses.
L’élimination de Soleimani a suivi la même logique : une escalade qui semblait unilatérale mais servait les intérêts des deux capitales. L’ordre des 48 heures peut apparaître comme un défi à l’ultimatum.Il pourrait en réalité en être le mécanisme d’exécution.
La menace de reprendre les frappes sur les centrales électriques samedi gagne en crédibilité si, dans l’intervalle, Israël détruit le maximum d’infrastructures.
Le message n’est pas : « nous sommes en désaccord avec notre allié ».
Le message est : « imaginez ce qui se passera lorsque l’ultimatum prendra fin et que nous serons pleinement alignés ».
Zolfaghari a répondu à la télévision d’État iranienne : « Vos divisions internes en sont-elles arrivées au point où vous négociez entre vous-mêmes ? »
Cette question révèle l’incertitude de Téhéran.Si la fracture est réelle, l’Iran peut l’exploiter. Si elle est une mise enscène, l’Iran est pris en étau, croyant à tort disposer d’une marge de manœuvre. L’incertitude elle-même devient un instrument de pression.
Car qu’il s’agisse d’un réel désaccord ou d’une coordination (mise en scène), chaque heure de frappes avant un cessez-le-feu produit des dégâts irréversibles.
Chaque heure après permet à l’Iran de se reconstituer. Un cessez-le-feu ne désarme pas. Il fige la situation.
Netanyahu veille donc à ce que, quel que soit l’accord négocié par Trump, l’Iran arrive à la table avec moins de capacités que la veille.
Vance se rendra au Pakistan ce week-end, c'est confirmé. Shell a averti que des pénuries de diesel toucheraient I'Europe en avril.
La 88e vague a frappé lsraël tôt le matin d’hier. Le péage du détroit accepte toujours les yuans.
L'azote doit atteindre le sol d'ici mi-avril, en traversant un détroit contrôlé par un régime incapable de déterminer si les deux puissances qui le bombardent s'affrontent réellement ou jouent la comédie pour un seul spectateur.
Trois échéances convergent vers une seule question : s'agit-il d'un réel désaccord ou la stratégie de pression la plus sophistiquée sortie tout droit du Camp David ?
L'Iran l'ignore. Et c'est là le point crucial !
Par Africa24monde et Géopolitique Mondiale