Éthiopie : les électeurs aux urnes pour des législatives promises au parti d’Abiy Ahmed
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© Le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo
Le président de l’Assemblée nationale y est allé au scalpel sur ces deux pans cruciaux de la vie nationale dans son discours d'ouverture de la session le 9 juin dernier. Malheureusement, il a manqué d’opter pour une enquête parlementaire.
C’est un bon début pour le nouveau président de l’Assemblée nationale ( Pan), si on en juge par la pertinence de son propos sur les attentes au sujet du Débat d’orientation budgétaire (Dob) sur la table des députés au cours de la session. En marge de ceci, Théodore Datouo a surpris un beau monde avec sa lucidité à faire l’inventaire des maux qui minent le pays.
Il a particulièrement mis l’accent sur les mines et le foncier. En ce qui concerne les mines, il a déclaré que c’est devenu un sujet inflammable. Alors qu’on s’attendait en toute logique qu’il annonce dans la suite de son discours la détermination de l’Assemblée nationale de tirer au clair ce qui se passe dans ce secteur stratégique pour le développement économique du Cameroun, il a plutôt prescrit des efforts aux administrations empêtrées dans la gadoue minière.
“Il appartient aux administrations compétentes et aux départements ministériels concernés d’activer les efforts nécessaires afin de renforcer la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus, et la juste redistribution des retombées économiques au profit des populations”.
Rien n’empêche au patron de la Chambre d’aller un peu plus loin , en mettant sur pied une commission d’enquête parlementaire ici à Yaoundé et à l’Est du pays. Il faut rappeler qu’une telle initiative entre dans les prérogatives régaliennes de l’hémicycle et que dans cet élan, il n’y a que le président de la République insusceptible d’être écouté par une telle Commission. Théodore Datouo a séduit l’opinion par sa doigté à percevoir là où se trouve le mal ou qu’il est à l’écoute des cris du peuple. Tenez!
“ Pourtant, force est de constater que dans l’opinion publique, les débats se multiplient, des chiffres considérables sont avancés. Des interrogations persistent sur les revenus effectivement générés par l’exploitation de certaines ressources. Des questions sont posées sur les mécanismes de collecte, de gestion et de redistribution de ces revenus. Plus préoccupant encore, les populations vivant dans les zones minières ont parfois le sentiment que les richesses extraites de leur sous-sol ne se traduisent pas suffisamment par une amélioration visible de leurs conditions de vie. Cette situation nourrit l’incompréhension.”,
assène -t-il. Mais qui va lever l’incompréhension ?
Ceux qui l’entretiennent? Cela ne peut se concevoir ou ne peut se faire. La Nation entière devait miser sur cette Assemblée nationale version Théodore Datouo qui retrouve sa lucidité. Pourquoi pas une enquête parlementaire ? Quand le patron du perchoir dit que le moment est venu d’engager une réflexion approfondie sur les réformes susceptibles de permettre à notre pays de tirer davantage profit de ses ressources minières, tout en garantissant une meilleure prise en compte des intérêts des populations concernées, à quoi pense-t-il exactement si au préalable une commission d’enquête parlementaire ne fait pas un état des lieux?
Une commission d’enquête parlementaire sur le foncier: un réel soutien aux pouvoirs publics
Après les mines, le président de l’Assemblée nationale a pointé du doigt la brûlante question foncière. Il a reconnu que le titre foncier a toujours été considéré comme le fondement de la sécurité juridique en matière immobilière, qu’il est censé garantir au propriétaire la stabilité de ses droits et la protection de son patrimoine. Or, reconnaît le président de la Chambre, des conflits et contentieux fonciers récurrents, des procédures longues, des revendications concurrentes, et certaines pratiques condamnables donnent le sentiment que des situations juridiquement établies pouvaient être remises en cause. Face à ce constat macabre, qui viendra mettre de l’ordre si la Représentation nationale reste en retrait? Beaucoup d’observateurs sont d’avis que le foncier au Cameroun est la première source de conflit. Cela alourdit davantage le poids d’urgence pour Théodore Datouo de prescrire une Commission d’enquête parlementaire sur le foncier, à tout au moins sur la délivrance du titre foncier qui fait yoyo et nourrit la rancœur au sein de la population.
“Les pouvoirs publics ont déjà engagé des initiatives visant à moderniser la gouvernance foncière. Ces efforts méritent d’être poursuivis”,
comme l’affirme le Pan est une sorte de fuite en avant.
Comment faire pour que le titre foncier soit établi dans les règles de l’art? Voici la question subséquente qui devrait suivre l’analyse du président de la Chambre. Le Pan reconnaît que les Camerounais n’attendent pas de l’Assemblée nationale des polémiques. Ils attendent des solutions et des réformes utiles. Ils attendent, des institutions, qu’elles travaillent ensemble au service de l’intérêt général.Il conclut magistralement en affirmant que c’est dans cet esprit de responsabilité, de dialogue, et d’écoute, que l’Assemblée entend poursuivre sa mission au service de la Nation.
Par Africa24monde avec RSA