© Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce du Cameroun. au centre de l'image, salut la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, le 28 mars 2026 à Yaoundé, capitale du Cameroun - Photo - OMC
La quatorzième Conférence ministérielle de l'OMC (CM14) s'est tenue du 26 au 30 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun. Des ministres du monde entier y ont participé afin d'examiner les défis et les perspectives du système commercial multilatéral et de définir les orientations futures de l'OMC. La Conférence était présidée par Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce du Cameroun.
La séance inaugurale de la Conférence s'est ouverte le 26 mars par les allocutions de bienvenue du Président de la CM14, du Directeur général de l'OMC, du pays hôte et des invités, parmi lesquels figuraient de hauts fonctionnaires. Une session ministérielle en petits groupes a ensuite permis d'aborder les questions fondamentales de l'OMC.
Le 27 mars, les sessions en petits groupes ont porté sur la réforme de l'OMC, chaque session étant animée par un ministre. La journée s'est conclue par une séance plénière consacrée à cette même réforme.
La troisième journée a débuté par un point d'étape sur la réforme du règlement des différends. Ont suivi des sessions ministérielles sur les subventions à la pêche, l'intégration de l'Accord sur la facilitation des investissements pour le développement, le Programme de travail sur le commerce électronique et le moratoire, ainsi que sur l'agriculture et le développement, notamment les questions relatives aux pays les moins avancés.
La Conférence s'est achevée le 30 mars par une réunion des chefs de délégation, suivie de la séance de clôture et des déclarations du Directeur général et du Président de la CM14.
La réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au Cameroun s'est conclue lundi, sans accord sur des questions clés telles que la réforme, le commerce électronique et l'agriculture, dans un contexte de fortes tensions entre l'Inde, le Brésil et les États-Unis.
Suite à cet échec, le moratoire de l'OMC exemptant le commerce électronique de droits de douane, en vigueur depuis 1998, a pris fin. Il s'agit d'un revers majeur pour les pays développés, à commencer par les États-Unis, qui réclamaient son rétablissement.
Cependant, cela ne signifie pas pour autant que des droits de douane seront automatiquement imposés. Mais « l'incapacité des membres de l'OMC à parvenir à un accord politique concret à Yaoundé est particulièrement préoccupante dans ce contexte de fortes tensions économiques mondiales », a réagi John Denton, secrétaire général de la Chambre de commerce internationale.
Sur plusieurs points, « nous avons travaillé d'arrache-pied », mais « le temps nous a manqué », a déclaré la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala. La 14e Conférence ministérielle de l'OMC, réunissant les 166 États membres, devait se terminer dimanche midi.
« Ce n'est pas la première fois que le moratoire expire », a précisé la Directrice générale. Cela s'était déjà produit à Seattle en 1999, jusqu'à la tenue de la réunion suivante à Doha en 2001.
De son côté, le secrétaire d'État britannique au Commerce, Peter Kyle, a qualifié cette décision de « revers majeur pour le commerce mondial ».
« Nous avions indiqué dès le départ que nous étions prêts à faire preuve de souplesse », a déclaré un haut responsable américain à l'AFP, ajoutant que deux pays non identifiés avaient refusé de coopérer.
Les pays membres de l'OMC peuvent décider individuellement de ne pas appliquer de droits de douane aux biens numériques, qui comprennent notamment les livres numériques, la musique et la télémédecine.
Aucun compromis sur l'agriculture
Les négociations sont entrées samedi dans une phase de marchandage concernant les différents points en litige.
Aucun compromis sur l'agriculture n'était attendu, car de profonds désaccords persistent sur cette question sensible dans de nombreux pays.
Mais dimanche, alors que les négociations semblaient se diriger vers un accord minimal sur la réforme de l'OMC, des divergences sont apparues, notamment après que le Brésil a lié les négociations sur le commerce électronique à la question agricole, protestant contre l'absence d'accord dans ce domaine.
Plusieurs pays ont refusé de poursuivre la réforme sans progrès sur le commerce électronique, selon des sources diplomatiques.
« L'agriculture est le secteur qui a le moins progressé en 30 ans d'existence de l'OMC. Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer », a déclaré samedi le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira.
Les 166 membres de l'OMC s'efforcent depuis des années d'établir un programme de négociations agricoles, et le forum de Yaoundé visait à adopter une déclaration qui jetterait les bases de discussions ultérieures au siège de l'OMC à Genève.
La déception était palpable à l'issue de ces discussions, qui se sont tenues dans un contexte de tensions et de bouleversements internationaux liés à la guerre au Moyen-Orient.
Réforme
Les pays n'ont pas non plus réussi à s'entendre sur la question prioritaire de la réforme de l'OMC. L'objectif était d'adopter une feuille de route pour revitaliser l'institution, affaiblie par les tensions géopolitiques, l'enlisement des négociations et la montée du protectionnisme, dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient perturbe le commerce mondial.
Le mécanisme de règlement des différends de l'OMC est partiellement paralysé par le blocage, par Washington, de la nomination des juges. De plus, l'organisation peine à parvenir à des accords en raison de la règle du consensus et doit se réformer sur plusieurs fronts pour sortir d'une crise profonde qui remet en question son rôle central dans la régulation du commerce international.
Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, président de la 14e Conférence des ministres (CM14), a déclaré que les ministres s'étaient efforcés de résoudre le plus grand nombre possible de points de désaccord dans les différents domaines de négociation au cours des quatre jours de réunions. Il a remercié les ministres qui ont facilité les discussions, ainsi que tous les ministres et délégations présents, pour leurs efforts inlassables.
« Vous avez fait preuve d'une participation constructive durant ces longues journées et ces courtes nuits », a-t-il déclaré. « Vous avez démontré votre détermination à faire de la CM14 une conférence historique. »
Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a toutefois admis que « le temps nous manque » sur plusieurs questions en suspens, notamment le programme de travail de l’OMC sur le commerce électronique et le maintien des moratoires existants sur l’imposition de droits de douane sur les transmissions électroniques et sur les revendications de non-contrefaçon au titre de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC).
La Directrice générale, Ngozi Okonjo-Iweala, s’est félicitée des progrès accomplis dans les discussions sur un programme de travail visant à faire progresser les négociations sur la réforme de l’OMC, de la décision d’aller de l’avant sur les disciplines supplémentaires concernant les subventions néfastes à la pêche et d’autres questions.
« Beaucoup de choses ont été accomplies », a-t-elle déclaré. « Nous avons décidé de travailler différemment. Je crois que nous avons adopté une nouvelle façon de fonctionner à l’OMC afin de moderniser nos méthodes de travail et ainsi gagner en agilité et en réactivité. »
Elle a suggéré aux Membres d’utiliser les projets de textes élaborés lors des quatre jours de débats ministériels pour finaliser les accords sur les questions en suspens lors de la prochaine réunion du Conseil général à Genève.
Africa24monde Par Tinno BANG MBANG