Le Botswana déclare l’urgence sanitaire face à la pénurie massive de médicaments
Le président du Botswana, Duma Boko, a décrété l’état ...
© Des fournitures médicales sont empilées dans un entrepôt de l'OMS à Nairobi, au Kenya, le lundi 18 mai 2026. (Photo AP/Jackson Njehia) - AP
L'épidémie d'Ebola Bundibugyo, qui sévit dans l'est de la RDC, est considérée comme la deuxième pire épidémie d'Ebola de l'histoire. À Kinshasa, les autorités affichent une certaine confiance et affirment que l'épidémie peut être vaincue avant 2027. Une posture qui s'appuie sur des arguments précis.
Le point de départ reste flou. Des spécialistes estiment, sur la base des calculs de mortalité depuis la déclaration officielle, que les premiers cas d'Ebola en RDC pourraient remonter à janvier 2026, soit plusieurs semaines avant la détection officielle. Médecins sans frontières (MSF) a déclaré, la semaine du 26 mai, que jamais une épidémie Ebola n'avait enregistré autant de cas dans ses premiers jours, et que personne ne connaissait encore l'ampleur exacte de la situation.
Une partie de ce flou commence cependant à se dissiper. Depuis le week-end du 24 mai, l'équipe de riposte a diagnostiqué tous les échantillons qui étaient en attente à Bunia faute de moyens. Plus de 900 échantillons ont été traités grâce aux matériels venus de l'INRB de Kinshasa, à l'arrivée de plus de 2 000 tests et aux réactifs apportés par l'OMS. Au 30 mai, on ne parle plus de cas suspects accumulés, mais de 282 cas confirmés.
Deux à trois mois selon Muyembe, quatre à six selon le ministre
Le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l'INRB et co-découvreur du virus Ebola, estime qu'il est possible de contenir l'épidémie en deux à trois mois. Il fonde cette estimation sur sa connaissance des précédentes épidémies. En observant le taux de mortalité et les résultats des échantillons testés, il considère que cette épidémie s'inscrit dans la lignée des précédentes et n'anticipe pas de surprises majeures. La cartographie est désormais plus claire, bien que pas encore définitive.
Pour que ce scénario se réalise, il insiste sur un point : le suivi des contacts doit être renforcé.
Le ministre de la Santé, le docteur Samuel Roger Kamba, est plus prudent. Il estime que l'épidémie peut être vaincue entre quatre et six mois. Il appuie cette estimation sur l'expérience de gestion des 16 précédentes épidémies d'Ebola en RDC et sur la durée d'incubation de la maladie. L'objectif prioritaire est de contenir le virus dans les trois provinces actuellement touchées.
Les défis qui peuvent faire dérailler ces scénarios
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs obstacles restent à surmonter. Il n'existe pas encore de centre de transit ni de centre de traitement aux normes dans les zones les plus touchées. Les familles refusent souvent de laisser réaliser des tests de diagnostic sur les corps des défunts dans les morgues. Le suivi des contacts reste insuffisant et la remontée des alertes depuis les zones de santé est faible. Les rumeurs circulent, accompagnées de la prolifération de recettes de traitement traditionnels.
MSF l'a dit le 29 mai : deux semaines après la déclaration de l'épidémie, la réponse n'est pas encore en phase avec la vitesse de propagation de la maladie. Le ministre de la Santé a déclaré le contraire le 31 mai, affirmant que les dépôts disposaient de tout le matériel nécessaire en matériels de protection, médicaments et tests.
Ce qui est arrivé sur le terrain
Cinq tonnes de médicaments sont arrivées à Bunia. Cent trente-cinq motos et vingt-sept véhicules, dont quatre ambulances, ont été mis à disposition des différents piliers de la riposte pour assurer la mobilité. Sur les vaccins, les études portent actuellement sur des combinaisons de candidats pour tester leur efficacité contre Bundibugyo.
Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, se trouve en ce moment en Corée du Sud pour suivre des essais en cours. Il a demandé que professeur Jean-Jacques Muyembe soit associé aux essais cliniques.
Par Africa24monde avec RFI