Soudan: le général al-Burhan projette de rester au pouvoir durant cinq ans après la guerre
Un document officiel du bureau du général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil de ...
© Bola Ahmed Tinubu et Cyril Ramaphosa. Montage photo
Le président nigérian a refusé de recevoir la délégation en raison des attaques en cours contre les Nigérians, leurs entreprises et leurs biens en Afrique du Sud.
Des diplomates nigérians et sud-africains se sont réunis le 27 juillet 2026 à Abuja pour aborder la question des violences xénophobes visant les migrants en Afrique du Sud, un dossier source de tensions, la partie nigériane dénonçant la « complicité » de Pretoria dans les manifestations contre les sans-papiers. La semaine précédente, un ressortissant nigérian a été tué au Cap, au cours d’une opération de police dans des « circonstances douteuses », selon le consulat nigérian à Johannesburg.
Une délégation sud-africaine a été envoyée par Cyril Ramaphosa à Abuja pour rencontrer le président du Nigeria.Cette rencontre entre la délégation menée par le ministre sud-africain des Relations extérieures, Ronald Lamola, et Bola Ahmed Tinubu, a finalement été déclinée par ce dernier, représenté par son ministre adjoint des Affaires étrangères (équivalent à un vice-ministre), Sola Enikanolaiye.
Selon des sources diplomatiques, le président nigérian a refusé de recevoir la délégation en raison des attaques en cours contre les Nigérians, leurs entreprises et leurs biens en Afrique du Sud.
La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a souligné l’absence d’accord préalable pour cette rencontre et le manque d’engagements concrets de la part de Pretoria.
Le gouvernement nigérian reproche à Pretoria sa passivité face aux attaques visant les migrants africains. Il s’interroge même sur une « responsabilité » ou une « complicité » de l’État dans cette situation et demande des actions concrètes face aux attaques afrophobes.
Ronald Lamola a répliqué que, tout en condamnant les actions violentes de certains activistes, l’Afrique du Sud continuera de « lutter fermement contre la migration irrégulière et les immigrants sans papiers, y compris les actes de criminalité ».
Lundi, en Afrique du Sud, face au Parlement panafricain de l’Union africaine, le président Ramaphosa a appelé les pays du continent « à collaborer pour relever le défi de la migration ».
Lors de cette rencontre,Sola Enikanolaiye a déclaré que les autorités sud-africaines devaient poursuivre les suspects conformément à la loi, plutôt que de tolérer les lynchages. Le Nigéria exige également que l’Afrique du Sud ratifie le mémorandum relatif au mécanisme d’alerte précoce signé entre les deux pays en octobre 2025.
Ce mémorandum prévoit l’échange d’informations sur les menaces de violence, la protection des citoyens et la mise en place de canaux de communication rapides afin d’empêcher les attaques contre les étrangers.
Ronald Lamola a assuré à la délégation nigériane que Pretoria condamnait la xénophobie et entendait traduire en justice les responsables de ces attaques.À l’issue des discussions, les parties se sont engagées à apaiser les tensions et à poursuivre leur coopération pour protéger les ressortissants étrangers.
Tout au long de l’histoire, sur tous les continents, les populations se sont déplacées à la recherche d’opportunités ou de sécurité, et elles continueront à le faire. Nous ne devons pas confondre les migrants en situation régulière, les réfugiés et les demandeurs d’asile, avec les personnes qui entrent ou restent dans un pays en violation des lois sur l’immigration. Il ne faut pas non plus faire des migrants ou des personnes venues de l’étranger les boucs émissaires du chômage, de la criminalité ou des défaillances dans la prestation des services publics. Notre mission consiste à veiller à ce que les migrations soient gérées de manière à respecter les droits et la dignité de tous. Et c’est là que nous affirmons également la nécessité de travailler ensemble. Nous appelons donc les différents pays de notre continent à collaborer avec nous pour relever ce défi. Car l’Afrique du Sud ne peut pas résoudre ce problème à elle seule.
Le président de l'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa s'exprimant lors de l’ouverture de la session du Parlement panafricain
Le Nigeria a mis en place un plan visant à rapatrier quelque 1 500 de ses citoyens. Plus de 160 000 étrangers ont quitté l'Afrique du Sud depuis fin mai, à la suite des manifestations contre les sans-papiers.
Face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud, le gouvernement camerounais maintient un profil bas, s'attirant des critiques pour son absence de réaction diplomatique formelle par rapport à d'autres nations du continent.
Contrairement à d'autres pays d'origine qui ont exigé des comptes, mis en place des cellules de crise ou organisé des rapatriements, Yaoundé n'a émis aucune condamnation étatique ferme ni plan d'évacuation pour sa diaspora. Des voix s'élèvent au sein de la communauté camerounaise et d'observateurs africains pour déplorer cette indifférence institutionnelle, estimant que la protection des citoyens à l'étranger devrait dicter une réponse diplomatique plus vigoureuse.
Vivant en Afrique du Sud, le politologue camerounais Achille Mbembe réagit aux violences xénophobes dont sont victimes des ressortissants africains depuis plusieurs semaines.
"Je pense que ce qui est en train de se passer contredit tout le travail qui a été fait au cours du XIX?, XX? siècle pour redonner, restituer aux hommes et aux femmes d'Afrique leur statut d'humanité pleine et entière. Ce qui est en train de se passer réduit à néant. Tous les efforts effectués depuis la décolonisation pour transformer l'Afrique en un espace de liberté, un vaste espace de mouvement et de circulation, et faire de notre continent une puissance qui compte dans le monde"
Si nous acceptons de nous traiter de cette façon-là, c'est-à-dire de façon indigne, humiliante, nous n'aurons aucune raison objective de demander au reste du monde de nous traiter différemment. affirme le politologue camerounais Achille Mbembe.
Africa24monde Par Tinno BANG MBANG