Le rôle de l’Allemagne dans la guerre contre l’Iran
Le journal Berliner Zeitung a révélé que la base aérienne ...
© Cette image satellite montre une vue de l'installation nucléaire de Natanz avant (à gauche) et après les dégâts, le lundi 2 mars 2026, en Iran. Image satellite 2026 Vantor via AP
Après les frappes américano-israéliennes visant des sites nucléaires iraniens en juin 2025, quelque 200 à 440 kg d'uranium hautement enrichi se trouveraient toujours dans des tunnels souterrains, à Ispahan. L'administration du président américain Donald Trump étudie une opération de forces spéciales pour s'en emparer, selon différents médias américains.
Neuf mois après l'opération "Midnight Hammer" qui a partiellement détruit les installations nucléaires iraniennes, Washington fait face à un paradoxe stratégique: les bombes n'ont pas suffi. Selon des informations publiées le 7 mars par le journal américain The New York Times, confirmées par la chaîne américaine CNN, l'administration de Donald Trump étudierait sérieusement le déploiement de forces spéciales américaines en Iran pour récupérer ou neutraliser un stock d'uranium enrichi toujours enfoui sous la ville d'Ispahan.
Le 22 juin 2025, les États-Unis avaient mené l'opération "Midnight Hammer", visant les installations nucléaires iraniennes de Fordow, Natanz et Ispahan à l'aide de bombardiers furtifs B-2 Spirit et de missiles de croisière Tomahawk. La Maison Blanche a justifié cette offensive en affirmant que l'Iran avait accumulé des stocks d'uranium enrichi tels qu'il était très proche de pouvoir fabriquer une bombe atomique.
Des tunnels que les bombes ne peuvent pas atteindre
Lors de cette "guerre des douze jours", les centrifugeuses iraniennes ont été largement détruites. Mais le complexe de tunnels souterrains d'Ispahan, lui, a résisté. La raison est technique: les frappes militaires seules ne peuvent pas pénétrer les tunnels d'Ispahan, car le site ne dispose pas d'ouvertures de conduits de ventilation comme d'autres sites nucléaires iraniens, qui constituent des points de vulnérabilité.
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré le 9 mars 2026, en marge d'un sommet à Paris, que près de la moitié du stock iranien d'uranium enrichi à 60% se trouvait, jusqu'à la dernière inspection de l'agence, dans un complexe de tunnels souterrains d'Ispahan, soit un peu plus de 200 kilogrammes.
200 à 440kg d'uranium, introuvables depuis juin 2025
D'autres estimations, citées par le journal français Le Monde, évoquent jusqu'à 440 kg au total, en comptant les matières potentiellement déplacées depuis d'autres sites comme Natanz. Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump ayant mené des négociations indirectes avec Téhéran, a lui avancé sur la chaîne américaine Fox News un chiffre plus élevé: l'Iran détiendrait "environ 460 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %."
Depuis les frappes, l'AIEA n'a plus accès à ces réserves. L'Iran a limité drastiquement sa coopération avec l'agence. En octobre 2025, Téhéran a déclaré la fin de ses obligations restantes au titre du JCPOA. Des images satellites montrent pourtant une activité régulière de véhicules aux abords des tunnels.
L'hypothèse d'un commando, avec des centaines d'hommes
Face à cette impasse, des discussions ont lieu au sein de l'administration de Donald Trump sur le déploiement d'unités d'élite du Commandement des opérations spéciales interarmées (JSOC), potentiellement en coordination avec des commandos israéliens, pour infiltrer physiquement les tunnels et sécuriser ou détruire l'uranium enrichi, selon l'Agence France Presse.
Donald Trump lui-même a ouvert la porte à une telle opération le 7 mars, à bord d'Air Force One. Interrogé par des journalistes sur l'éventualité d'un envoi de troupes au sol en Iran, il a répondu: "Peut-être qu'à un moment nous le ferons. Ce serait formidable."
"C'est quelque chose que nous pourrions faire plus tard. Mais pas maintenant."
Donald Trump, président des États-Unis
Une telle mission serait cependant d'une ampleur considérable. Elle nécessiterait des dizaines, voire des centaines de soldats supplémentaires au sol pour soutenir l'équipe chargée de localiser l'uranium, d'autant que l'armée iranienne maintient le contrôle des sites et des environs. Les unités Delta Force et SEAL Team 6 reçoivent une formation spécifique pour contrer les armes de destruction massive, et le JSOC dispose de plans pour "neutraliser" les matières ou rendre le site inutilisable.
Le New York Times affirme, citant des responsables américains, que l'Iran pourrait accéder aux tunnels via un point d'entrée étroit. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles l'administration de Donald Trump envisagerait sérieusement l'opération. Cette information est toutefois contestée par plusieurs analystes indépendants.
La menace nucléaire en toile de fond
L'enjeu est de taille. L'uranium iranien est actuellement enrichi à environ 60 %, affirme l'AIEA. Selon Steve Witkoff, l'uranium iranien "pourrait être porté à 90 %, le niveau pour fabriquer une bombe, en une semaine environ, peut-être dix jours". Avec les centrifugeuses détruites, ce stock ne peut pas être enrichi davantage sur le sol iranien dans l'immédiat, mais il pourrait être transféré à un État tiers.
Les États-Unis exigent que l'Iran transfère ses stocks restants d'uranium enrichi, conformément à l'objectif affiché par Donald Trump d'éliminer tout programme nucléaire iranien. Donald Trump a réaffirmé sa position sans ambiguïté: il ne permettra jamais à l'Iran de se doter de l'arme atomique.
Par Africa24monde avec TV5Monde