Maroc : El Mansouri obtient sa majorité, le parti d’Akhannouch écarté du gouvernement
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© Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud à Dubaï lors de la COP28 (image d'illustration). AP - Rafiq Maqbool
Le maintien au pouvoir du président Hassan Cheikh Mohamoud est « illégal », car l'adoption d'une nouvelle Constitution en mars dernier - qui a prolongé de quatre à cinq ans le mandat présidentiel - ne pouvait pas s'appliquer à son mandat actuel, a tranché ce 5 novembre 2026 la Cour suprême somalienne. La plus haute juridiction du pays a par ailleurs déclaré « nulle », dans une décision séparée, l'annonce mercredi sur Facebook par le chef de l'État de démettre de ses fonctions le président de la Cour suprême Bashe Yusuf Ahmed.
En Somalie, la Cour suprême a jugé illégale la prolongation d’un an du mandat du président. Hassan Cheikh Mohamoud avait fait voter au parlement en mars une modification de la Constitution. Elle permettait de repousser les élections générales, afin d’avoir le temps de mettre en place sa réforme électorale. Mais les juges ont estimé que les amendements votés ne s’appliquaient pas à son mandat en cours.
C’est ainsi une étape supplémentaire dans la crise politique qui secoue la Somalie depuis plus d’un an.
Suffrage universel direct
Au cœur de la discorde : la volonté d’Hassan Cheikh Mohamoud d’instaurer le suffrage universel aux prochaines élections. Jusque-là, le système électoral somalien était indirect : dans chaque État, un collège de sages choisit les députés, qui élisent ensuite le président.
Mais les États fédérés du Puntland et du Jubaland, ainsi que l’opposition, estiment que cette réforme n’a qu’un seul but : maintenir Hassan Cheikh Mohamoud au pouvoir. D’où cette saisine de la Cour suprême.
Mercredi soir, la présidence somalienne avait annoncé sur Facebook le limogeage du chef de la Cour suprême, en raison de « la nécessité d’une justice efficace et équitable ». Renvoi immédiatement contesté par l’instance qui dénonçait « une entrave au bon déroulement de la justice ».
« Revers dévastateur »
« Hassan Cheikh Mohamoud aura du mal à écarter le fait que les cinq juges ont été unanimes […], malgré la pression », commente Samira Gaid, chercheuse à l’institut Balqiis Insight.
« Cela représente un revers dévastateur après trois ans de quasi-unilatéralisme sans entraves », ajoute Abdirashid Hashi, conseiller à la Présidence de 2017 à 2023.
Dans son jugement, la Cour suprême exige l’organisation d’élections dans les 90 jours.
Par Africa24monde avec RFI, correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix