Espagne : les services de renseignement militaire ont informé le gouvernement de l'assaut trois jours avant l'invasion de Ceuta
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© Le Maroc célèbre, ce 30 juillet, les 27 ans de règne du roi Mohammed VI. DR
Le souverain marocain annonce une nouvelle proposition stratégique à ses partenaires, sur fond de tensions liées à la crise migratoire de Ceuta et à quelques jours d'une visite des souverains espagnols dans les deux enclaves.
Le roi Mohammed VI du Maroc a estimé, vendredi, que le modèle actuel de coopération migratoire avec l'Espagne avait atteint ses limites, tout en rejetant toute forme de pression, de menace ou de chantage dans les relations entre les deux pays.
S'exprimant devant les membres des deux Chambres du Parlement à Rabat, à l'occasion de l'ouverture de la première session de la 12e législature, le souverain a salué les avancées réalisées dans le partenariat avec Madrid, notamment dans la lutte contre l'immigration irrégulière, tout en soulignant la persistance de difficultés juridiques et politiques.
« Nous devons reconnaître avec courage et objectivité qu'en la matière, le modèle actuel de coopération a atteint ses limites », a déclaré Mohammed VI lors de son discours.
Le souverain a notamment pointé des « dispositions légales dépassées » et des « décisions judiciaires éloignées de la réalité », qui, selon lui, entravent le rapatriement des mineurs et des personnes qu'il accuse d'usurper le statut de réfugié.
Il a estimé que ces obstacles favorisaient les activités des réseaux criminels impliqués dans l'immigration irrégulière.
Rabat rejette les pressions politiques
Évoquant les tensions ayant marqué les relations avec l'Espagne, Mohammed VI a également dénoncé les déclarations de certains milieux politiques et médiatiques, qu'il accuse d'instrumentaliser la question migratoire.
Le souverain a affirmé que le partenariat avec Madrid constituait un « choix souverain » et un « engagement volontaire », rejetant toute forme de « pression », de « menace » ou de « chantage ».
Il a parallèlement défendu le rôle du Maroc dans la gestion des flux migratoires, estimant que le Royaume avait démontré sa fiabilité en tant que partenaire international et qu'il était en droit d'attendre un traitement réciproque de la part de ses partenaires.
Une nouvelle stratégie de coopération annoncée
Dans ce contexte, Mohammed VI a annoncé que le Maroc soumettrait à ses partenaires un document présentant une nouvelle vision stratégique de la coopération.
Cette initiative devrait, selon le souverain, privilégier le codéveloppement, la compétitivité économique et la stabilité régionale.
Cette annonce traduit la volonté de Rabat de redéfinir les modalités de son partenariat migratoire avec Madrid, au-delà des seuls dispositifs de contrôle des frontières et de réadmission.
Des déclarations sur fond de crise à Ceuta
Les propos du souverain interviennent après la crise migratoire survenue à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc, où des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière à la fin du mois de juillet, selon les informations rapportées dans le contexte de cette crise.
Cet épisode a provoqué des tensions politiques en Espagne et relancé le débat sur la coopération sécuritaire et migratoire avec le Maroc.
Le gouvernement espagnol avait indiqué en septembre ne disposer d'aucune preuve solide établissant une implication des autorités marocaines dans l'organisation de ces arrivées massives, tout en précisant que les investigations se poursuivaient.
Les déclarations de Mohammed VI surviennent également à quelques jours de la visite annoncée du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Ceuta et Melilla, prévue à partir du 13 octobre.
Aucune réaction officielle du gouvernement espagnol directement liée au discours de vendredi n'avait pu être confirmée à ce stade.
Africa24monde avec AA Par Wafae El Baghouani