Le gouvernement sénégalais trace sa trajectoire économique après l’accord de principe avec le FMI
Après avoir conclu avec le FMI un accord de principe portant sur un programme de financement ...
© Donald Trump Jr, Conseiller de Polymarket, investisseur de Polymarket et fils du président chargé de nommer les régulateurs : la probabilité du conflit d’intérêts grimpe
Donald Trump Jr. s’apprête à renforcer lourdement sa mise sur Polymarket, plateforme où l’on peut parier sur une élection, une décision économique ou la prochaine phrase maladroite d’un candidat. Son fonds, 1789 Capital, devrait apporter environ 300 millions de dollars à une levée de fonds d’un milliard, qui valoriserait l’entreprise à 21 milliards de dollars.
Le montage a de quoi faire tousser, même dans un pays où la frontière entre affaires, politique et spectacle tient parfois sur un ticket de caisse. Donald Trump Jr. est partenaire de 1789 Capital, mais aussi membre du conseil consultatif de Polymarket. Son père, Donald Trump, est président des États-Unis et son administration nomme les responsables des autorités fédérales appelées à peser sur l’avenir de ce secteur.
D’après Forbes, 1789 Capital conduirait cette nouvelle opération. Une porte-parole du fonds a confirmé à FinanceFeeds une contribution d’environ 300 millions de dollars. Le tour de table n’est toutefois pas annoncé comme définitivement bouclé, et les montants peuvent encore évoluer.
Déjà 200 millions engagés
Ce ne serait pas le premier chèque. 1789 Capital aurait déjà investi près de 200 millions de dollars dans Polymarket. Si la nouvelle opération se confirme, l’exposition totale du fonds approcherait donc un demi-milliard de dollars. En quelques mois, la valorisation de la plateforme serait passée d’environ 15 à 21 milliards de dollars.
Polymarket propose des contrats sur des événements dont l’issue est incertaine : élections, économie, sport ou actualité internationale. Ses utilisateurs achètent et vendent des positions selon ce qu’ils estiment probable. Présenté comme un marché prédictif, le dispositif ressemble aussi, pour le commun des mortels, à un casino où l’on mise sur l’état du monde.
Le problème n’est pas que Donald Trump Jr. fasse des affaires. Il affirme d’ailleurs agir « comme citoyen privé » et n’occuper aucune fonction au sein de l’administration. Le problème est l’empilement : un investisseur majeur, conseiller d’une plateforme, fils du président et secteur soumis à des décisions réglementaires fédérales. On peut appeler cela une coïncidence. À ce niveau de valorisation, c’est une coïncidence très bien financée. Donald Trump aurait joué sur l’état du monde en négociant, via des intermédiaires, des actions en Bourse. Son fils préfère les paris en ligne. La famille Trump fait de bonnes affaires.
Un secteur devenu très accueillant
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les marchés prédictifs bénéficient d’un climat nettement plus favorable à Washington. La Commodity Futures Trading Commission, le régulateur fédéral des produits dérivés, occupe une place centrale dans les batailles autour de ces contrats. Plusieurs États cherchent de leur côté à encadrer ou limiter ces plateformes, qui concurrencent directement les opérateurs de jeux d’argent traditionnels. Ne tentez pas de découvrir Polymarket par vous-même : vous serez bloqué après avoir été menacé des pires dangers (« des attaquants pourraient dérober des informations comme vos mots de passe, e-mails, ou données de carte bancaire. »).
Donald Trump Jr. ne s’intéresse pas seulement à Polymarket. Il est aussi conseiller stratégique de Kalshi, son principal concurrent. Les deux entreprises profitent d’un emballement financier spectaculaire autour des paris sur l’actualité. Quand la politique devient une cote, la tentation est grande de regarder moins les électeurs que les investisseurs.
Dans l’Amérique de Trump, les proches du pouvoir ne se contentent plus d’observer les règles du jeu. Ils peuvent aussi avoir intérêt à ce que la table reste ouverte.
Africa24monde avec lemediaen442 par Yoann