Le Pacte de La Mecque: vers une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient
Le 7 août 2026, le président turc Recep Tayyip Erdo?an, le prince héritier ...
© Le ministre de la Défense, Israël Katz et Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien
Le gouvernement israélien ne parle pas de déportation. Il préfère le mot « migration ». Pourtant, le projet évoqué le 2 septembre par son ministre de la Défense, Israël Katz, consiste bien à faire sortir les Palestiniens de la bande de Gaza, par la mer, par les airs et « par tous les moyens ». Quand une population civile est poussée hors de son territoire sous la contrainte de la guerre, du blocus et de la destruction, il ne s’agit pas d’une émigration. C’est une déportation.
Lors d’une conférence organisée par Ynet et le quotidien Yedioth Ahronoth, Israël Katz a affirmé qu’il n’existait « pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration ». Le ministre a assuré que l’appareil israélien était « organisé et prêt » à faire partir les habitants de l’enclave « par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles ».
Il ne manque, selon lui, qu’une pièce au dispositif : le soutien de Donald Trump. Katz affirme que le président américain n’aurait pas renoncé à l’idée d’un départ massif des Gazaouis, seulement « gelé » le projet face à la pression de plusieurs pays arabes. Le ministre espère qu’un feu vert américain convaincra des États voisins d’accueillir les Palestiniens expulsés de leur terre.
« Émigration volontaire » : une formule qui ne tient pas
Israël présente cette perspective comme une « émigration volontaire ». La formule ne résiste pas au réel. Gaza est un territoire ravagé, soumis à des années de blocus, à des bombardements et à des déplacements internes à répétition. Ses habitants ne disposent ni d’un aéroport fonctionnel, ni d’un port libre, ni d’une frontière qu’ils peuvent franchir à leur guise. L’Égypte refuse d’ailleurs que l’opération passe par son territoire.
Israël Katz prétend que 80 % des Gazaouis voudraient partir et que le Hamas les en empêcherait. Cette affirmation n’est accompagnée d’aucune enquête identifiable ni d’aucune source permettant d’en vérifier la méthode. Surtout, vouloir fuir les bombes, la faim ou l’effondrement des soins ne transforme pas cette fuite en choix libre.
Le droit international humanitaire est pourtant clair : la quatrième Convention de Genève interdit les transferts forcés et les déportations de personnes protégées hors d’un territoire occupé, quels qu’en soient le motif ou l’habillage politique. Le statut de Rome de la Cour pénale internationale classe aussi la déportation ou le transfert forcé de population parmi les crimes contre l’humanité lorsqu’ils s’inscrivent dans une attaque généralisée ou systématique contre des civils.
Après la destruction, l’expulsion
Le projet défendu par Katz ajoute une étape à la tragédie palestinienne : après avoir réduit Gaza en ruines, Israël envisage d’en évacuer la population. Non pour garantir sa sécurité ou organiser sa reconstruction, mais pour débarrasser durablement l’enclave de ses habitants.
Le plan américain officiellement en vigueur depuis 2025 ne prévoit pourtant pas cette expulsion collective et encourage, au contraire, les Palestiniens à rester à Gaza. Aucun pays n’a accepté à ce stade d’accueillir massivement une population que le gouvernement israélien veut voir partir.
Le mot compte. Parler de « déplacement » adoucit une violence déjà immense. Parler de « migration » la maquille en choix personnel. Ce que décrit Israël Katz, c’est l’organisation possible de la déportation des Gazaouis, avec l’attente d’un visa politique venu de Washington.
Africa24monde avec lemediaen442 par Yoann