© Cinquante ans après le sommet de Rambouillet, la France réunit à Évian, du 15 au 17 juin 2026, les dirigeants du G7. Photo par XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
En 1975, sous l’impulsion du président Valéry Giscard d’Estaing, un premier sommet (appelé alors G6 avant l’ajout du Canada l’année suivante) se tient à Rambouillet dans les Yvelines. Le contexte est déterminant pour comprendre cette initiative. La première crise pétrolière commence en octobre 1973, à la suite de la guerre du Kippour. Plusieurs pays arabes producteurs de pétrole réduisent leur production et imposent un embargo contre les États qui soutiennent Israël, notamment les États-Unis et certains pays européens. En quelques mois, le prix du pétrole quadruple.
Les effets en chaîne se constatent rapidement : inflation brutale, ralentissement de l’activité, montée du chômage dans les économies occidentales. Dans le même temps, le système monétaire hérité des accords économiques de Bretton Woods en 1944 se délite, les taux de change deviennent instables et les repères s’effacent. Face à ce cumul de tensions, les grandes puissances choisissent de se réunir régulièrement pour coordonner leurs réponses. Le Groupe des 7 se forme avec l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, rejoints par l’Union européenne en 1977.
Les alliés européens de l'Ukraine craignent que Donald Trump ne reprenne la main sur les négociations de paix et écarte l'UE des discussions sur l'avenir de l'Ukraine.
Les alliés européens de l'Ukraine redoutent que le président américain Donald Trump ne reprenne personnellement en main le processus de règlement du conflit en Ukraine et n'entame des négociations avec la Russie sans la participation active des pays de l'Union européenne. C'est ce que rapporte le média Politico, citant des responsables européens.
Selon le média, l'inquiétude des dirigeants européens s'est accentuée après la conclusion de l'accord sur l'Iran. Trump souhaite désormais se recentrer sur le dossier ukrainien.
Arrivé au sommet du G7 à Évian, en France, le président américain a déclaré qu'il comptait intensifier les efforts en vue d'un règlement du conflit en Ukraine.
"Maintenant que l'Iran, c'est réglé, nous allons nous concentrer sur l'Ukraine", a déclaré Trump concernant la situation en Ukraine.
Ces propos ne rassurent pas les principaux alliés européens de l'Ukraine. Les responsables européens craignent que le président américain ne tente de mener seul les négociations avec Moscou, ce qui pourrait affaiblir l'influence des pays européens dans l'élaboration d'une position commune sur l'Ukraine. Il risquerait ainsi de laisser une nouvelle fois les Européens sur la touche et de torpiller la stratégie du camp européen fondée sur une pression maximale contre la Russie et un soutien à l'Ukraine.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé les partenaires à renforcer le soutien financier à l'Ukraine, rappelant que l'UE a déjà débloqué 90 milliards d'euros.
Elle a souligné que l'Union européenne couvre déjà environ les deux tiers des besoins financiers de Kiev pour l'année en cours et l'année suivante, et qu'elle compte sur une contribution supplémentaire des partenaires. Le président français Emmanuel Macron a affirmé que les futures négociations de règlement devaient se dérouler avec la participation de l'Ukraine et de la Russie, ainsi que des représentants de l'Europe et des États-Unis.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, quant à lui, répété à plusieurs reprises que la participation des États-Unis demeurait une condition indispensable à un règlement pacifique.
Toutefois, les Européens ne sont pas certains de pouvoir convaincre Washington de la nécessité de soutenir Kiev. Comme l'écrit Politico, l'entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump la semaine dernière a "suscité l'inquiétude" dans les capitales européennes. Le président américain a qualifié cette conversation de "très bonne". En outre, Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, a indiqué que les négociateurs de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendraient prochainement à Moscou.
Malgré la volonté des Européens de durcir les sanctions contre la Russie, rien n'indique que les États-Unis suivront cet exemple.
Par ailleurs, l'intervention de Trump pourrait empêcher les Européens d'élaborer leurs propres approches en vue des négociations. "Trump pourrait ne pas partager la vision européenne de la manière dont les négociations devraient se dérouler, voire ne pas vouloir des Européens à la table", note le média. Politico cite un responsable américain selon lequel "Trump est la seule personne au monde capable de réunir les deux parties et de tenter de négocier la fin de la guerre".
Africa24Monde et observateur-continental Par Alexandre Lemoine