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© Près de 3 000 personnes ont fui le Yémen vers Djibouti en moins d’une semaine
Plus de la moitié des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants, alors que l’agence onusienne alerte sur la diminution rapide des capacités d’accueil à Djibouti.
Près de 3 000 personnes ont fui le Yémen vers Djibouti en moins d’une semaine, alors que l’escalade de la violence entraîne une hausse des déplacements de population à l’intérieur du pays et au-delà de ses frontières, a indiqué vendredi l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
« Les réfugiés continuent d’arriver par bateau via Obock, Khor Angar, Moulhoule et Godoria, après des traversées difficiles à bord de petites embarcations », a déclaré aux journalistes à Genève la représentante du HCR à Djibouti, Sandrine Desamours.
Plus de la moitié des personnes traversant le détroit de Bab el-Mandeb sont des femmes et des enfants. Certaines familles se retrouvent par ailleurs déplacées pour la deuxième fois, après avoir déjà fui le Yémen lors de la crise de 2015 avant d’y retourner par la suite.
Le HCR se prépare à accueillir au moins 10 000 nouveaux arrivants, mais avertit que les capacités d’accueil diminuent rapidement. Le village de réfugiés de Markazi, conçu pour accueillir 5 000 personnes, hébergeait déjà plus de 2 700 Yéménites et 1 500 Érythréens.
Plus de 100 000 personnes ont également été déplacées à l’intérieur du Yémen à mesure que les combats s’intensifient, notamment le long de la côte occidentale, a indiqué Desamours.
Un système de santé soumis à une pression croissante
Parallèlement, seuls 60 % des 5 415 établissements de santé évalués au Yémen sont pleinement opérationnels, a déclaré vendredi à la presse à Genève le porte-parole de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tarik Jasarevic.
Seuls 6 % de ces établissements sont en mesure de fournir une prise en charge complète des traumatismes, malgré l’augmentation des besoins en soins d’urgence.
Plus de 18 000 cas suspects de rougeole et 106 décès ont été signalés depuis le début de l’année, ainsi que 390 cas de diphtérie ayant entraîné 13 décès.
Quelque 30 000 enfants souffrent chaque année de malnutrition aiguë sévère accompagnée de complications, tandis que certains centres d’alimentation thérapeutique fonctionnent à 120 % de leur capacité en lits, a-t-il précisé.
Selon le porte-parole, l’accès demeure particulièrement difficile dans le nord du Yémen, où les opérations des Nations unies ont été suspendues dans 90 districts prioritaires.
À ce jour, a indiqué Jasarevic, seuls 490 000 dollars ont été mobilisés par l’intermédiaire du Fonds de réserve de l’OMS pour les situations d’urgence (CFE), laissant subsister « un important déficit de financement pour maintenir et renforcer la réponse sanitaire nécessaire ».
Par Africa24monde avec AA Par Beyza Binnur Dönmez