Espagne : « Le discours monotone du dictateur » ou comment Franco a construit un autoritarisme sans charisme
On associe volontiers les dictateurs aux discours tonitruants et exaltés d’un Hitler ...
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Pendant des décennies, l’Afrique a multiplié les élections, adopté des constitutions et reproduit les institutions des grandes démocraties occidentales. Pourtant, une question demeure : pourquoi les résultats restent-ils si éloignés des espérances ?
La réponse est peut-être plus profonde que nous ne voulons l’admettre.
On a trop souvent dit à tort que les vieux modes de vie africains ne savaient pas être libres ou justes. C'est une fiction structurée pour l'intérêt et l'ego occidentaux. Comme le soutient prix Nobel d'économie Amartya Sen, l'aspiration à la liberté politique et au débat public ne se réduit pas à une invention exclusive de l'Occident antique ou moderne. De nombreuses cultures non occidentales ont développé historiquement des pratiques de délibération, de justice et de limitation du pouvoir souverain.
En Afrique, les racines de la démocratie sont bien antérieures à la démocratie athénienne classique. Des pratiques égalitaires, des assemblées visant le consensus et des systèmes de prise de décision participatifs incarnant les principes démocratiques fondamentaux étaient présents dans les sociétés africaines traditionnelles, comme en témoignent les assemblées villageoises des San et des Igbo, ou encore la tradition du *Kgotla*.
La logique communautaire précoloniale, par opposition à l'individualisme atomisé occidentale, qui a nourrit la démocratie africaine grâce à la recherche du consensus par la palabre, à la participation populaire directe et à la responsabilité collective. Si aujourd'hui elle comporte des risques de replis identitaires ou clientélistes c'est à cause de la notion d'«ethnie» qui a été grandement façonnée, rigidifiée ou inventée par le pouvoir colonial pour mieux diviser et contrôler les populations en remplaçant les royaumes et alliances complexes existantes par des cases tribales simples et faciles à administrer.
Les pistes pour l'avenir sont évidentes :
Regarder l'histoire d'avant la colonisation pour y voir de vraies formes de démocratie africaines.
Laisser les peuples africains valider eux-mêmes leurs choix de gouvernance et leurs règles de vote.
Faire grandir une vraie vie citoyenne de la base vers le haut, au-delà des mots et des lois copiés et de fictions de pouvoir.
Il faut:
DÉCOLONISER les mentalités pour effacer la fiction qui sert à satisfaire les intérêts extérieures tout en verrouillant les contre-pouvoirs réels en interne.
DÉPASSER le mimétisme institutionnel qui permet à l'élite au pouvoir de l'instrumentaliser avec des réflexes autoritaires hérités du colonialisme tout en se réappropriant des mécanismes et pratiques endogènes démocratiques.
COMBATTRE les idées reçues avec un modèle de citoyenneté ancré dans les aspirations profondes des peuples, ce qui leur permettrait de percevoir la démocratie non pas comme une contrainte extérieure ou un vernis électoral, mais comme un outil d'émancipation et de justice sociale.
RETROUVER les racines locales du pouvoir, bâtir de vraies cultures politiques propres et refuser les institutions imposées.
Africa24monde Par Tinno BANG MBANG