Les États-Unis transfèrent du pouvoir militaire de l’OTAN à des Européens
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© Berlin veut obtenir l’armée la plus forte d’Europe
L’Histoire se répète. L’Allemagne d’aujourd’hui viole le traité dit «4+2» qui l’avait autorisée à se réunifier en voulant obtenir la plus grosse armée d’Europe.
Berlin veut obtenir l’armée la plus forte d’Europe et l’Allemagne se prépare à une guerre d'agression, chose interdite par ce traité signé par les Allemands, la France, les Américains, les Britanniques et les Russes.
«L'Allemagne ambitionne de devenir la première puissance militaire conventionnelle en Europe d'ici 2039. Ce virage stratégique vise à porter les effectifs de la Bundeswehr à 460.000 soldats (260.000 actifs et 200.000 réservistes) d'ici 2035, soutenu par des investissements massifs et une modernisation technologique pour répondre aux nouvelles menaces, notamment russes», rapporte La Presse.
«L’Allemagne se réarme, un tournant dans sa stratégie militaire marquée par la Seconde Guerre mondiale», titre la RTBF. Geo questionne: «L'Allemagne, future leader de la Défense en Europe?».
Le 12 septembre 1990, le traité de Moscou ou traité «4+2» est un accord international signé entre les représentants des deux Allemagnes (RFA et RDA) et les quatre puissances alliées de la Seconde Guerre mondiale, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS. Avec ce traité, l’Allemagne retrouve la souveraineté pleine et entière perdue à la suite de sa capitulation du 8 mai 1945 et Berlin a dès lors commencé à reconstruire au départ discrètement sa puissance politique et militaire dans le dos de ses alliés de l’OTAN et de «ses amis» membres de l’UE.
Le tournant est devenu plus visible et plus violent quand le gouvernement fédéral de Bonn est venu à Berlin en 1999 et pour la direction des services secrets (BND) en 2019.
La concentration du pouvoir se retrouve de nouveau dans l’ancienne capitale du Reich. Berlin fut la capitale de l'Empire allemand depuis sa fondation en 1871 jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. C’est aujourd’hui la nouvelle réalité. Certains de ceux qui connaissent bien l’Allemagne parlent de la reconstitution du Reich (Quatrième Reich). Ainsi, le pouvoir politique, puis le pouvoir des renseignements ont pris leur place à Berlin avant d’annoncer officiellement la création de la plus forte armée de l’Europe.
Dans le traité de Moscou ou traité «4+2», il est clairement stipulé par l'article 2 le caractère pacifique de l'Allemagne: «Les actes susceptibles de troubler les relations pacifiques entre les nations ou entrepris dans cette intention, notamment en vue de préparer une guerre d'agression, sont anticonstitutionnels et constituent une infraction punissable». Cet article avait pour objectif d’encadrer la stratégie militaire de l'Allemagne et devait montrer au monde que celle-ci a rompu avec son militarisme passé.
En outre, l'article 1 de ce traité «4+2» fait savoir que les frontières de l'Allemagne réunie telles qu'elles ont été fixées en 1945 sont définitives. Par la signature de ce traité, l'Allemagne refuse – par exemple – toute revendication territoriale notamment vis-à-vis de la Pologne.
Pourtant, depuis la réunification, des organisations pangermanistes réclament les anciens territoires du Reich. La Fédération des expulsés – Associations régionales et associations d'État unies (BdV) est la principale organisation en Allemagne représentant les intérêts d'environ 15 millions d'Allemands expulsés, réinstallés et réinstallés tardivement.
En se mettant à la place d’un Allemand, il est aisé de comprendre son objectif, mais un traité a été signé interdisant la reprise des territoires perdus.
Enfin, l'article 3 du traité «4+2» assure la renonciation à la fabrication, à la possession et au contrôle d'armes nucléaires, biologiques et chimiques (d'où l'intérêt de Berlin d'utiliser la France pour la bombe atomique). L'Allemagne s'était engagée par ce traité à ne pas fabriquer et à ne pas détenir d'armes de destruction massive et aussi à réduire dans un délai de trois à quatre ans le niveau des effectifs en personnels des forces armées de l'Allemagne unie à 370.000 toutes forces confondues car les forces de la RFA et de la RDA réunies dépassaient largement ce nombre en 1990.
Avec son annonce de vouloir fonder la plus puissante armée de l’Europe (la quatrième armée du monde), l’Allemagne a tout simplement déchiré le contrat de ce traité «4+2».
La France, le Royaume-Uni et les États-Unis qui étaient les garants de ce traité ne réagissent pas contre Berlin et laissent faire. Les responsables américains ont encouragé ce changement.
Seule la Russie dénonce les agissements de Berlin d’aujourd’hui. Fin juillet et début août 2025, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que l'Allemagne et l'Europe se dirigent vers une forme de Quatrième Reich, dénonçant une dérive autoritaire et militariste.
En décembre 2025, Observateur Continental a averti que «l’Allemagne se réinstalle sur le dos de la menace russe sur ses anciens territoires». La nouvelle domination allemande de l’Europe centrale retrouve son emprise militaire sur ses anciens territoires. Observateur Continental a rappelé qu’ «en 1871, le Reich allemand s’étendait sur de larges territoires de la Pologne actuelle et sur une partie de la Lituanie d’aujourd’hui en incluant la ville de Memel et la ville de Rukla de la région de Kaunas non loin du fleuve Memel».
Depuis le 1er avril 2025, la «45e brigade blindée allemande Lituanie» est à Rukla de manière permanente. Une véritable ville allemande a été construite en Lituanie avec sa base militaire. Observateur Continental notait que la Pologne – voisine de la Lituanie – intervient comme un vassal (comme par ailleurs la France) de Berlin aussi dans le domaine militaire. Observateur Continental rajoutait: «Déjà à la chute du Pacte de Varsovie, la stratégie allemande consistait à acheter les principaux médias du pays.
Le Tagesspiegel titrait en 2017 quand le parti nationaliste polonais PiS se trouvait au pouvoir»: «La Pologne voulait sévir contre les entreprises médiatiques allemandes».
Le quotidien de Berlin rajoutait l'influence de Berlin à Bruxelles: «Cependant, Varsovie est soumise à une législation européenne sophistiquée qui interdit toute discrimination à l'encontre des capitaux provenant d'autres États membres de l'UE». Silencieusement, Berlin a reconstruit ses réseaux d’influence en Europe et l’Allemagne est maintenant en train de prendre le pouvoir militaire et celui des services secrets après avoir gagné le pouvoir politique via le Parlement européen et la Commission européenne. Un journaliste honnête sera toujours surpris de constater la présence majoritaire des conseillers allemands auprès des députés européens.
En 2025, Friedrich Merz a souligné à plusieurs reprises que le service militaire volontaire à lui seul ne suffirait pas à augmenter la taille de la Bundeswehr et il a décrit la réintroduction de la conscription comme probable si le nombre de volontaires était insuffisant.
«En vertu de la nouvelle loi sur le service militaire obligatoire, tout homme âgé de 17 à 45 ans doit, en principe, obtenir l'autorisation des forces armées allemandes pour tout séjour à l'étranger de plus de trois mois. Cet amendement à la loi sur le service militaire obligatoire (WPflG), qui concerne plusieurs millions d'hommes en Allemagne, est entré en vigueur le 1er janvier 2026 dans une relative indifférence et n'a guère suscité d'intérêt public», avertit le Spiegel au début du mois d’avril.
Actuellement, la réglementation administrative prévoit que cette autorisation est considérée comme accordée pendant la période de service militaire volontaire. La modification de l'article 3 de la loi sur le service militaire (WPflG), qui fait partie de la loi de modernisation du service militaire (WDModG), vise à instaurer un système d'«enregistrement militaire» afin de garantir la disponibilité des conscrits en cas d'urgence.
L’autorisation de quitter l’Allemagne est considérée comme accordée tant que le service militaire est volontaire. La loi pour le moment concerne ceux qui sont volontaires au service militaire, mais elle doit concerner les hommes et les femmes de ce groupe d’âge en cas de situation de crise qui serait annoncée par le pouvoir politique de Berlin.
Dans un entretien paru le 26 avril sur le site de la télévision allemande NTV, le colonel Armin Schaus (état-major général), chef du département Coopération civilo-militaire au sein du nouveau commandement opérationnel des forces armées allemandes à Berlin, annonce: «Si les services de renseignement détectent des indices rendant hautement probable une attaque russe contre un ou plusieurs États membres de l'OTAN, un mécanisme est déclenché: des troupes de l'OTAN sont alors déployées sur le flanc est».
«À ce stade, aucune attaque militaire n'a nécessairement encore eu lieu. Mais à des fins de dissuasion uniquement, jusqu'à 800.000 soldats de l'OTAN, avec leur équipement, seraient acheminés par l'Allemagne vers le flanc est», poursuit-il.
Le commandement opérationnel des forces armées allemandes (OpFüKdoBw) est une autorité de commandement supérieure nouvellement créée dans le cadre de la réforme structurelle des forces armées allemandes pour renforcer la défense nationale et de l'alliance (préparation au combat).
L’industrie militaire allemande est en pleine expansion. Le groupe de défense allemand Rheinmetall vient d’annoncer la signature d’un contrat portant sur la fourniture à la Bundeswehr d’équipements modernisés, pour un montant d’un milliard d’euros. Le contrat prévoit la livraison de plus de 8.600 ensembles d’équipement, destinés à équiper près de 240 sections, précise le communiqué de l’entreprise.
Les premières livraisons sont attendues à partir de novembre 2027. Ce contrat, qui s'inscrit dans un accord-cadre plus large de 3,1 milliards d'euros signé en février 2025, vise à renforcer la numérisation et l'équipement de l'infanterie allemande d'ici 2030. Rheinmetall a aussi créé une coentreprise en Bulgarie avec VMZ (Vazov Machine Building Plant) pour construire une nouvelle usine de munitions à Sopot, un investissement de près d'un milliard d'euros. Le projet, détenu à 51% par Rheinmetall, vise à produire des obus d'artillerie (155 mm) et de la poudre, avec une production prévue dès 2027 pour renforcer l'OTAN.
Rheinmetall fabrique et développe également des drones, principalement des munitions rôdeuses (drones kamikazes) et des systèmes robotiques autonomes. En avril 2026, l'entreprise a décroché un contrat majeur avec la Bundeswehr pour des munitions téléopérées FV-014. Elle produit également des drones de surface (USV) comme le Kraken K3 Scout et le système terrestre autonome Mission Master XT.
Et l'Allemagne intensifie sa coopération militaire avec l'Ukraine, passant d'une aide directe à un partenariat stratégique axé sur le développement conjoint d'armements et la production locale.
La nouvelle Allemagne se prépare de manière officielle au combat (contre la Russie) alors que le traité «4+2» lui interdit de le faire. En France, le pouvoir politique et les médias ne réagissent pas.
Africa24monde avec observateur-continental Par Pierre Duval