© Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole
Le détroit d'Ormuz est le "cœur de l'économie mondiale", crucial pour l'exportation du pétrole et du gaz du Golfe. Des menaces et le minage potentiel du détroit par l'Iran ont rendu la navigation quasi impossible pour les pétroliers, entravant le passage de près de 20 millions de barils par jour.
Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, menace de paralyser l'économie mondiale en provoquant une crise énergétique sans précédent. Les tensions géopolitiques, notamment entre l'Iran et les États-Unis, entraînent une rupture de l'approvisionnement, la hausse des prix de l'essence et une inflation généralisée.
La fermeture du détroit provoque un renchérissement du pétrole, du fret maritime et une inflation mondiale. Les alternatives (oléoducs) sont insuffisantes pour compenser la perte, menaçant la stabilité économique mondiale. La situation actuelle illustre la dépendance critique de l'économie mondiale envers ce goulet d'étranglement stratégique, où une "guerre invisible" peut rapidement faire basculer l'économie mondiale.
Après avoir lancé une attaque surprise contre l’Iran, le président Donald Trump change désormais de posture stratégique :
il appelle plusieurs puissances à participer à la sécurisation militaire du Détroit d’Ormuz.
Pourquoi est-ce si crucial ?
Parce que ce passage maritime représente l’une des artères vitales de l’économie mondiale.
Près de 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour. Or, les tensions actuelles ont déjà produit plusieurs effets :
?? attaques contre des navires et installations énergétiques dans la région
?? perturbations des flux énergétiques
?? flambée des prix du pétrole et du gaz
?? inquiétudes sur une possible récession mondiale
Washington appelle désormais plusieurs puissances — dont la Chine, la France, le Japon et le Royaume-Uni — à déployer des moyens navals dans la zone.
Mais derrière cet appel se cache une question stratégique majeure :
S’agit-il d’une coalition de sécurité maritime… ou d’une internationalisation progressive d’un conflit déjà explosif ?
Dans l’histoire récente, le contrôle des chokepoints maritimes (points d’étranglement stratégiques) a souvent été le déclencheur de crises internationales majeures.
Et le détroit d’Ormuz est sans doute le plus sensible de tous.
Dans un monde déjà marqué par la guerre en Ukraine, les tensions en mer de Mer de Chine méridionale et l’instabilité au Moyen-Orient, une escalade dans cette zone pourrait reconfigurer les équilibres géopolitiques et énergétiques mondiaux.
Pensez-vous que les grandes puissances accepteront de militariser davantage cette zone stratégique, ou assisterons-nous à une tentative de désescalade diplomatique ?
Dubaï--Teheran
Pourquoi Téhéran cible-t-il Jebel Ali et Al Dhafra avec une intensité semblable à celle des frappes sur Israël, et comment transforme-t-il le modèle économique émirati en un règlement de comptes majeur entre Washington et l'Iran ?
Dans un développement sur le terrain des plus violents depuis le début de la guerre, des rapports ont révélé un ciblage «fort» de l'Iran envers les EAU. Alors que Téhéran s'efforce de publier des déclarations rassurantes envers l'Arabie saoudite et Oman, et parle d'une «erreur» dans le bombardement de ces pays, des missiles et des drones pleuvent sans relâche sur les aéroports de Dubaï, Abou Dhabi, la région de Jebel Ali et la base d'Al Dhafra, sans excuses, révélant une rancœur stratégique profonde.
Pourquoi les EAU en particulier ?
1. L'allié le plus proche et le plus dangereux : L'Iran dit que les EAU sont la «pointe de lance» des accords d'Abraham, et que la coopération militaire avec Tel Aviv a atteint des stades très avancés, incluant des exercices militaires conjoints en 2024. Téhéran voit les EAU comme une «base avancée» pour Israël dans le Golfe, les frappant donc revient à porter un coup direct au cœur de l'influence israélo-arabe.
2. Paralyser le nerf économique : cibler Jebel Ali(le plus grand port de la région) et les aéroports de Dubaï et Abou Dhabi n'est pas aléatoire. L'Iran veut briser le «modèle économique» des Émirats pour envoyer un message : une alliance avec Washington et Israël vous coûtera la «prospérité et la stabilité» que vous avez construites depuis des décennies.
3. Base d'Al Dhafra : Al Dhafra abrite des forces américaines et des avions de reconnaissance très avancés qui ont participé à la surveillance des mouvements iraniens. Le bombardement concentré sur cette base vise à neutraliser les capacités aériennes américaines émanant du territoire émirati, ce qui explique la férocité des attaques.
4. Le message du «silence suspect» : L'absence de déclarations iraniennes envers les Émirats, contrairement à l'Arabie saoudite et Oman, signifie que Téhéran considère le pays comme un «ennemi direct» et non un «voisin affecté». Cette désignation donne aux Iraniens le feu vert pour intensifier les frappes sans restrictions diplomatiques.
Selon l’Iran, les ÉAU paient aujourd'hui le prix de leurs alliances. Les attaques féroces qui ont ciblé Burj Al Arab, Palm Jumeirah et des zones vitales prouvent que l'Iran a décidé de rompre les liens avec le pays qu'il considèrait comme un frère, un partenaire militaire et économique indissociable de Tel Aviv. Les Émirats font désormais face à une véritable épreuve de leurs capacités de défense et de leurs alliances internationales face à un voisin qui ne reconnaît plus le «bon voisinage».
États-Unis - Russie : un assouplissement temporaire qui bouscule la géopolitique pétrolière
Le 12 mars 2026, le Trésor américain a autorisé temporairement (jusqu'au 11 avril) la vente de pétrole russe bloqué en mer sur des navires. Une décision stratégique dans un contexte explosif :
Le contexte :
· Blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran (20% du pétrole mondial concerné)
· Brent à 119,50$ le 9 mars (plus haut depuis 4 ans)
· Libération coordonnée de 400 millions de barils des réserves stratégiques (AIE)
Les chiffres clés :
- 124 à 128 millions de barils russes débloqués (5-6 jours de demande mondiale)
- 30 sites à travers le monde concernés
- Baisse immédiate des prix : -1,3%, retour sous les 100$/baril
Opportunités et impacts :
· Acheteurs : Chine, Inde et autres pays peuvent sécuriser leurs approvisionnements
· Maritime : Assurances, réparations, logistique à nouveau autorisés
· Marchés : Détente temporaire mais volatile
Les paradoxes :
- La Russie bénéficie de prix élevés (150 M$/jour) malgré les sanctions
- Crédibilité des sanctions occidentales écornée
- La transition énergétique freinée par la priorité à la sécurisation fossile
Face à une crise majeure, la realpolitik énergétique l'emporte. Les sanctions ne sont pas immuables. Mais cette dépendance aux zones de tension (Moyen-Orient, Russie) rappelle l'urgence d'accélérer la transition énergétique.
Barron Trump a acheté 30 millions de pétrole seulement deux jours avant que la guerre ne commence
Les marchés de l'énergie réagissent souvent très rapidement aux tensions géopolitiques. Les investisseurs cherchent souvent à anticiper ces mouvements, ce qui peut expliquer cet achat.
30 millions de dollars, et ce, seulement 48 heures avant le déclenchement d’un conflit majeur
La question que tout le monde se pose : était-ce un simple investissement, ou un coup anticipé face à une crise mondiale imminente? Acheter du pétrole à une échelle aussi massive juste avant une guerre, c’est prendre un risque énorme… mais cela peut aussi rapporter des profits astronomiques.
Les experts expliquent que dans les moments précédant un conflit, les prix du pétrole peuvent flamber en quelques heures, rendant ces investissements incroyablement lucratifs pour ceux qui ont anticipé la crise. Certains pensent que cette décision pourrait être liée à des informations privilégiées ou à une stratégie financière calculée à l’avance.
Mais au-delà des chiffres et des spéculations, cette histoire pose une question éthique : peut-on profiter d’une guerre avant même qu’elle ne commence ? Et surtout, quelles seront les conséquences sur le marché mondial et sur la perception de la famille Trump dans le monde des affaires et de la politique ?
Restez attentifs, car si cette transaction était réellement prédictive, elle pourrait bien changer la façon dont nous voyons les investissements et la géopolitique mondiale.Certaines prises de décisions avant des évènements majeurs en l'occurrence, les hausses de prix.
Victoire économique de l'Iran ?
Ce monde qui ne souhaitait pas écouter l’Iran, ce retrouve aujourd’hui forcer à le faire. L’Inde a obtenu l’autorisation de l’Iran pour utiliser le détroit d’Ormuz, une voie maritime internationale. Cette autorisation, conditionnée à la notification préalable des pétroliers indiens, témoigne de l’influence croissante de l’Iran sur le commerce maritime mondial. La Chine utilise une flotte parallèle, protégée par les Gardiens de la révolution, pour transiter sans autorisation, en échange d’un soutien militaire à l’Iran. Le Bangladesh et l’Inde bénéficient de dérogations, tandis que le navire thaïlandais Mayuree Naree a été touché par un projectile, causant la disparition de trois marins.
Le détroit d’Ormuz, long de 33 kilomètres, est divisé en quatre niveaux d’accès. La Chine, au niveau 1, transite librement en payant les droits. L’Inde et le Bangladesh, au niveau 2, transitent sous conditions à leur demande. L’alliance occidentale, au niveau 3, ne peut transiter car l’Iran considère comme cibles légitimes tout pétrolier servant les États-Unis, Israël ou leurs alliés. Tous les autres pays, au niveau 4, transitent au risque d’être confondus avec les pays du niveau 3 par l’un des 31 commandements autonomes qui distinguent les cibles par leur présence, et non par leur pavillon.
La semaine dernière, le gouvernement Modi a assuré aux États-Unis que l’Inde n’avait jamais dépendu d’un pays pour acheter du pétrole russe. Cette semaine, l’Inde a demandé à l’Iran l’autorisation d’acheter du pétrole via le détroit d’Ormuz. La doctrine du multialignement permet à l’Inde de rester indépendante et d’accepter les conditions iraniennes sur le pétrole du Golfe tout en rejetant celles des États-Unis sur le pétrole russe. L’Inde ne reçoit pas d’ordres, elle demande des autorisations.
L’appel entre Jaishankar et Araghchi est l’échange diplomatique majeur de cette guerre, mais discret. Il confirme que le détroit d’Ormuz est autorisé après le 28 février. Cette autorisation vient d’un gouvernement dont le Guide suprême est une figure du sacrifice chiite.
L’Iran autorise le transit, mais ses forces armées, contrôlées par 31 commandements autonomes, ne garantissent pas la sécurité. Le manque de communication entre le service diplomatique et le service militaire, illustré par l’incendie des réservoirs omanais, inquiète. Un pétrolier indien pourrait être menacé, malgré les assurances du ministre des Affaires étrangères.
Dix millions d’Indiens travaillent dans le Golfe et envoient de l’argent chez eux. L’Inde importe deux tiers de son GNL par Ormuz. Les appels d’offres indiens pour les engrais, lancés en mars, sont bloqués faute de transit. Cette autorisation est cruciale, mais son respect est incertain.
Comme tous les points de passage stratégiques de cette guerre, Ormuz est menacé : moins cher que la défense, il échappe à l’assurance et dépend d’une autorité suivant les ordres d’un « martire » et la photo d’un vivant.
Les Chinois disent à M. Trump : « Merci, vous nous avez montré l’urgence de disposer d’une indépendance énergétique ! »
Il y a deux mois, les États-Unis ont mis la main sur le pétrole du Venezuela. Aujourd’hui, ils déclenchent une pression militaire contre l’Iran pour contrôler l’exportation du pétrole de ce pays.
Ce qui est notable chez M. Trump, c’est qu’il n’est pas hypocrite. Pour lui, le monde est toujours régi par le rapport de force, une règle de jeu humaine reconnue par les Chinois, les Français et les Américains. Au fond, nous sommes tous pareils !
Face à la volonté des Américains de bloquer à terme l’approvisionnement en pétrole de la Chine, celle-ci a accéléré son programme d’électrification nationale.
En effet, le taux d’électrification en Chine s’élève à 32 % en 2025, contre 22 % en Europe et 21 % aux États-Unis. La Chine a atteint ce niveau notamment grâce à l’introduction massive de voitures, bus et camions électriques, ainsi qu’au développement des énergies solaire et éolienne.
En 2025, la Chine représentait 66 % du marché mondial des voitures électriques, 75 % des bus électriques et 85 % des camions électriques.Le plan américain visant à contraindre la Chine en matière d’approvisionnement pétrolier a donné un nouvel élan au déploiement de l’électrification dans le pays.
Dans le nouveau plan chinois de 2026-2030, plusieurs objectifs viennent d’être annoncés :
1) Pour l’énergie solaire et éolienne, la Chine avait prévu en 2020 d’installer 1 200 GW pour 2030, mais ce seuil a déjà été atteint en 2024. Le nouvel objectif pour 2030 est désormais de 2 560 GW.
2) Les nouvelles capacités de stockage d’énergie sont fixées à 1 200 GW, et les lignes de transmission à haute tension (>800 kV) à 350 GW.
3) La capacité nucléaire installée passera de 62 GW en 2024 à 110 GW en 2030, soit 40 réacteurs supplémentaires à construire.
4) La Chine prévoit d’accélérer la construction du barrage du Yarlung Tsangpo, dont la capacité sera de 60 GW d’ici 2035.
Pour la Chine, plus de 50 % de la population mondiale devra accéder à l’énergie renouvelable et aux solutions de mobilité propre. Le potentiel de ce marché est immense. Il est donc impératif d’investir dès maintenant dans ces technologies d’avenir. Chinform organise un China New Energy Tour en juin 2026, pour visiter des installations solaires, éoliennes, de stockage, d’hydrogène, ainsi que des centres d’innovation en énergies propres.
Africa24monde Par Tinno BANG MBANG